Si vous êtes française, il n’y a pas de visa pour Israël.

L’étiquette collée au dos du passeport est tout simplement un contrôle des autorités. Dedans, il y a tout votre pedigree et l’assurance pour les services de sécurité que vous soyez bien passée par tous les contrôles.

Un Visa ?

Tout le monde a droit à 90 jours. Et si vous faites partie des pays avec accord de « libre circulation », votre passeport n’est plus tamponné. Vous recevez un petit ticket avec votre photo dessus et des informations sous code barres. On peut assimiler ça à un visa….Why not…

Les procédures de sécurité de l’aéroport de Ben Gourion suivent toujours le même critère : si l’on vous suspecte de quoi que ce soit vous serez interrogé minutieusement et votre bagage sera très probablement fouillé en votre présence. Si vous obtenez un bon numéro (voir plus bas) vous pouvez procéder au contrôle des passeports et votre bagage sera inspecté (si nécessaire) après. Si vous ne voulez pas laisser vos bagages ouverts en vue de l’inspection ou si vous ne souhaitez pas donner les numéros de cadenas aux autorités israéliennes, il vous est possible d’acheter un cadenas  spécial pour inspection (disponible dans tous les magasins vendant des articles de voyage) qui peut être ouvert uniquement par les autorités  de l’aéroport.

Voyons ce qu’il se passe étape par étape. Tout d’abord, quand vous arrivez à l’aéroport, vous devez localiser l’énorme panneau de vols dans la zone de départ, marqué par la lettre A, B, C ou D sur le premier étage, et F au rez-de-chaussée (aux arrivées) et facilement détectable car la lettre est affichée très grande, sur une colonne.

Un premier agent vous demandera où vous allez, peut-être votre compagnie aérienne, et vous invitera à vous mettre dans une queue. Lorsque vous êtes dans la file d’attente, un autre agent de sécurité s’approchera, il prendra votre passeport et vous posera quelques questions. Ce sont des questions de routine (sûrement ils vous demanderont la raison de votre visite en Israël et la durée de votre voyage) ou des questions tout à fait bizarres (pour vous, pour eux, elles ont évidemment un sens) tels que quel est le nom de votre grand-mère ou pourquoi est-ce que vos parents vous ont appelée Ludimilla.

Tout est conçu pour contrôler vos réactions et voir si vous mentez, si vous êtes agité, nerveux ou mal à l’aise. Cet «interrogatoire» peut être résolu en trois questions ou prendre plus de temps.

D’après ce que je comprends les chances qu’il soit plus long dépendent du groupe d’âge et de la catégorie à laquelle vous appartenez (les plus de jeunes, surtout s’ils voyagent seuls, et certains employés d’organisations humanitaires, et, bien sûr, tous ceux qui ont n’importe quel type de relation avec les Palestiniens, sont les plus interrogés), et ce qu’ils voient sur votre passeport (visa d’entrée dans des pays musulmans attirent immédiatement l’attention, et il n’est pas rare qu’ils vous demandent pourquoi vous avez visité, par exemple, l’Indonésie, et si vous vous êtes fait des amis là-bas). Vous comprendrez qu’ils ont terminé avec les questions lors qu’ils vous demanderont, dans l’ordre, qui a fait les bagages, si le bagage a toujours été avec vous, si vous avez un couteau ou toute autre chose pointue et si quelqu’un en Israël vous a donné un cadeau à livrer à destination, et vous expliqueront que l’on vous demande ces choses parce qu’ils ont peur que quelqu’un ait profité de vous pour mettre une bombe.

Maintenant vient le moment de la note. Basé sur l’idée qu’ils se sont fait de vous et de votre position par rapport à Israël, vous recevrez un numéro allant de 1 à 6 (6T dans les cas extrêmes)

Votre position sur Israël

Le numero 1 - UNIQUEMENT POUR ISRAELIENS
Le numero 2 - POUR LES DIPLOMATES
Le numero 3 - ETRANGERS CONSIDERES COMME INOFFENSIFS
Le numero 4 - JE N EN AI JAMAIS VU !
Le numero 5 - FORTEMENT SOUPCONNE
Le numero 6 - TRES RISQUE
LE 6T - Grave menace pour Israël

Deux ou trois choses à signaler

  • BenGurionIl peut arriver qu’ils décident de ne pas vous laisser emporter en cabine certaines choses – tels que des écouteurs pour la musique, iPad ou ordinateur portable, par exemple – et qu’ils vous demandent de les mettre dans le bagage de soute, ou qu’ils les mettent dans une boîte en carton, que vous récupérerez quand vous arriverez. A une de mes amies, une Finlandaise, ils ont pris l’iPad et ils le lui ont envoyé sur un vol le lendemain. Soyez également préparés pour cela, même si ça arrive rarement;
  • j’ai récemment entendu parler de femmes qui n’ont pas eu le droit d’emmener leur propre sac à main dans la cabine ; il a été envoyé séparément, tandis qu’elles ont pris l’avion juste avec leur passeport dans les mains;
  • vous serez impressionnés par le professionnalisme et la gentillessedu personnel de sécurité tout au long du processus. Même si vous vous mettez à hurler (ce que de toute façon je ne vous conseille pas de faire) ils restent impassibles.
  • le sujet des contrôles dans l’aéroport, ainsi que les aventures aux check-points, sont souvent débattus parmi les expatriés, qui aiment échanger des histoires de vie, en écouter d’autres, et souvent en rient beaucoup. On s’habitue vite au fait que si un invité a la malencontreuse idée de dire: «vous ne savez pas ce qui m’est arrivé la semaine dernière à Ben Gurion !!», la soirée se concentrera pour les trois quarts sur le même sujet. Mais à la fin cela fait partie de l’absurde, charmante et tout à fait folle aventure qui est la vie dans ce coin du monde !